4 syndicats opposés à la méthode De Carolis pour mettre son entreprise unique sur les rails

Publié le par CFDT-FTV

Les 15/16 décembre étaient la limite fixée par l’accord de méthodologie Direction – CGT – FO pour la consultation des Instances Représentatives du Personnel (CCE, CHSCT, CE) en vue de la création de l’entreprise unique. De l’ensemble de France Télévisions ont remonté des motions ou avis faisant état de la qualité déplorable des informations fournies, ne permettant pas aux élus d’évaluer les conséquences de la restructuration sur l’emploi, les activités, les conditions de travail et les garanties sociales des salariés.

 

Comme plusieurs organisations (SNJ, CGC, SUD), la CFDT avait annoncé qu’elle appuierait la demande des instances de base pour obtenir des éléments concrets d’information, immédiats et indispensables, répondant aux véritables demandes des personnels.

 

Lors de la séance du CCE, tenue le 15 décembre, le Président DE CAROLIS a donc appelé les élus à émettre un avis sur la mise en place de l’entreprise unique. Deux textes se sont trouvés en présence :

 

L’un présenté par la CGT, déclarant avoir reçu toutes les informations nécessaires et rendant un hommage à peine voilé à la qualité du dialogue social (reprenant ainsi l’essentiel de la propagande de la Direction, officielle et officieuse) mais rendant un avis négatif. Nous rappelons que, rendre un avis négatif permet légalement à Patrick DE CAROLIS de mettre en œuvre la réforme, dans un climat de totale opacité qui laisse les personnels à leurs angoisses et à leur ignorance sur leur devenir.

 

L’autre, présenté par le SNJ, la CFDT, la CGC et SUD, faisant état de l’impossibilité d’émettre un avis motivé, car nous ne pouvons pas actuellement déterminer les effets de la « réforme » et du plan social de départ à la retraite. Nos organisations ont demandé au Président de poursuivre le processus d’information avec des documents essentiels tels que les organigrammes, que nous n’avons toujours pas.

 

Un vote sur le texte CGT n’a pas dégagé la majorité de 11 voix, requise par la loi pour valider tout avis, motion ou résolution du CCE. Cela n’a pas empêché Patrick DE CAROLIS de déclarer que le CCE s’était valablement exprimé, cachant très mal sa satisfaction d’obtenir un avis… négatif, une première ! Il a même été jusqu’à vouloir passer au point suivant sans mettre le texte intersyndical au voix, affichant ainsi ouvertement sa préférence pour l’avis négatif de la CGT et commettant, par la même, un acte discriminatoire.

 

Dans un CCE coupé en deux, un second vote à bulletin secret sur la résolution intersyndicale, n’a pas non plus été validé par une majorité d’élus.

 

Quelques minutes plus tard, Patrick DE CAROLIS, visiblement renseigné par ses avocats sur la boulette commise, a cru bon de demander un autre vote POUR ou CONTRE l’entreprise unique (tout dans la nuance !!!...). Même avec cette tentative de putsch, aucune majorité ne s’est dégagée.

 

Au-delà de ces péripéties risibles et dérisoires, force est de constater que le « partisan du dialogue social », s’est révélé soucieux de vaincre plutôt que de convaincre. Patrick DE CAROLIS a trouvé des alliés qui lui laissent le champ libre pour entreprendre une opération de remise en cause généralisée des garanties sociales. Et il les a recruté parmi les représentants du personnel.

 

Ce ne sont pas, en effet, les « instances-gadget » (comités de suivi) mises en place pour traiter les dégâts psychosociaux, qui calmeront les interrogations et la colère des personnels. Ces commissions de suivi, comme leur nom l’indique, ne pourront que constater les dégâts de l’opération. La Direction conservant l’entière maîtrise de la consultation des CE ou CHSCT, « si cela s’avère nécessaire », comme elle prend soin de le préciser.

 

Ainsi, la CGT transmet le bébé aux syndicats et aux salariés. Dans un scénario bien huilé, elle nous appelle maintenant à s’appuyer sur les vœux pieux des commissions ad hoc, balayées d’un revers de main par la Direction.

 

C’est donc bien le rapport de force qui sera de nature à préserver les acquis des personnels, qu’il s’agisse de l’emploi ou des garanties collectives. La CFDT y est prête, y compris en engageant tous les contentieux nécessaires et en veillant à ce que l’énergie et la détermination des salariés, ne soient pas gaspillées dans la mise en place d’une cogestion qui a déjà sévi de par le passé, comme à la SFP.

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