Ca y est ça vient de tomber, c'est Pflimlin

Publié le par CFDT-FTV

la nouvelle vient de tomber, l'Elysée a choisi Rémy Pflimlin comme nouveau président de France Télévisions, voici notre communiqué envoyé aux médias ce matin.

 

Le syndicat CFDT-Médias prend acte de la décision du Président de la République de nommer Rémy Pflimlin, Président de France Télévisions.

En premier lieu, nous demandons au nouveau président qu’il intensifie la communication de soutien à nos deux confrères retenus en otage en Afghanistan depuis plus de 6 mois maintenant. La stratégie de « discrétion » des premiers mois a montré son inefficacité.

Cette nomination arrive dans un contexte trouble et tendu à France Télévisions. Pour la CFDT-Médias, le bilan du prédécesseur de Rémy Pflimlin est un trompe-l’œil. Une bonne résistance à la montée de la TNT? Des comptes en positif ? Une fusion en entreprise unique effectuée ?

Note bilan est tout autre et recèle, selon nous, une bonne partie des défis qui attendent le nouveau président et son équipe. Quel est le projet du groupe France Télévisions ? A cette question, 5 ans après, les 11 000 salariés attendent encore une réponse, ils en sont réduits à tirer eux-mêmes des conclusions.

 

Des chaînes TNT qui produisent presque exclusivement à l'extérieur leurs programmes et France 3 la chaîne des régions qui ne produit presque plus rien, faute de budget approprié, mais qui représente quand même près de la moitié des effectifs du groupe. France 2 qui concentre les moyens financiers pour animer sa grille et tenir son audience. Les autres chaînes qui vivent d'expédients. Un réseau RFO livré à lui-même (pas de projets, pas de moyens). Des chaînes plus jeunes, France 5, France 4 concédées aux producteurs privés.

L'entreprise unique instaurée avec la complaisance d'un "partenaire social", fut-ce au prix des Conventions Collectives. Jamais de mémoire de syndicaliste à la télévision française on a vu une telle collusion entre "un partenaire social" et une direction. Conséquence, une « réorganisation » faite dans une totale désorganisation, où les salariés de tous niveaux ne savent pas encore, 6 mois plus tard, quelles sont exactement leurs nouvelles missions, ni même leur place dans les nouveaux services.

Un dialogue social biaisé et finalement défaillant. Il a fallu attendre le jugement de la Cour d'Appel de Paris, pour obtenir ce que nous réclamions depuis le début: un temps raisonnable pour renégocier nos textes collectifs. Le résultat est une profonde division au sein même de l’entreprise unique France Télévisions, à peine celle-ci fondée.

 

 

 

 

 

 

Quant à l'indépendance dont on a bien complaisamment affublé l'ancien président, nous ne l'avons pas constatée sur le terrain. Combien de fois en négociation, avons-nous entendu comme excuse, que le mandat de la direction était strictement encadré par la tutelle? Les salariés auraient apprécié des preuves d'indépendance dans les domaines qui concernent les téléspectateurs (programmes, information), mais aussi pour ce qui les concerne directement (emploi, garanties collectives) et qui malheureusement a peu de valeur marchande en communication extérieure.

 

Voici un court résumé du bilan, pour nous assez négatif, du mandat qui s’achève.

 

Voici, selon nous, le contexte dans lequel Rémy Pflimlin, qui connait bien "la maison", va devoir faire son œuvre. Depuis son passage à France 3, le dialogue social s'est considérablement détérioré. Le seul espoir pour les salariés dans ce sombre horizon, est l'action menée par la CFDT-Médias, la CGC, le SNJ et SUD qui a permis de dégager une majorité au CCE, dans l'intérêt de tous les salariés et de l'entreprise. La même convergence existe concernant les négociations sur les conventions collectives.

L'acte politique qui conduit à la nomination du nouveau président ne facilite pas sa tâche. Les rumeurs qui pèsent sur les rédactions de France 2 et France 3, le contexte pré-électoral dans lequel nous entrons, donneront plusieurs lectures à chacune de ses décisions, ou aux évènements qui vont rythmer la vie du groupe France Télévisions. Nous nous opposerons bien sûr à tout ce qui menacera l'indépendance économique et éditoriale de la télévision publique.

Pour lever toute ambigüité, Rémy Pflimlin doit expliquer et communiquer à l'ensemble du personnel de France Télévisions, le contenu de son projet culturel, industriel et social qu'il compte mettre en œuvre pour le groupe qu'il est amené à présider lors des 5 prochaines années.

Le nouveau président de France Télévisions trouvera, en la CFDT-Médias, un interlocuteur social déterminé, qui ne pratique pas le double langage, qui sait défendre l’intérêt général de salariés inquiets dans leur grande majorité, sans jamais perdre de vue l’intérêt de l’entreprise.

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