Conventions collectives: le compteur tourne!

Publié le par CFDT-FTV

Voilà donc un mois qu’avec le SNJ nous nous sommes retirés de la table des négociations des nouvelles conventions collectives. Ce n’est pas une décision prise à la légère et de manière isolée. L’impossibilité d’avoir une vision globale sur le dossier, l’attente depuis des mois des textes de la direction, nous ont conduit à dire stop plutôt qu’à continuer de participer à une mascarade.

 

La direction, comme la CGT (qui encore une fois a choisi de rester jouer les bons offices) sous-entendent que cette attitude est irresponsable. Que le calendrier nous impose d’aboutir avant le 4 juin et que chaque minute de perdue est perdue pour les salariés !

Certes ! Mais pour bien comprendre… Depuis plusieurs semaines, la position de nos négociateurs est inconfortable. Ils écoutent Direction et CGT s’échanger des propositions de réécriture sur des textes qui sont livrés au compte-goutte. Les 2 compères discutent des virgules, recollent par ci par là un paragraphe des anciennes conventions, alors qu’aucun syndicat (à notre connaissance, mais nous ne sommes pas dans le secret des dieux) ne connait l’intention globale de la direction.

Puisque « le compteur tourne », comme on nous le rappelle, il faut bien mesurer qu’au 22 janvier, après 6 mois de « négociations », nous n’avons toujours pas l’ensemble des textes et des propositions de la direction. Ce qui est pourtant indispensable pour mesurer l’écart qui nous sépare, organiser la « négo », définir un ordre de priorité, et planifier. A l’heure rien de tel ! Qui joue la montre ? Qui nous mène en bateau ?

 

A l’automne, la présidence de FTV avait 2 options :

 

-          Jouer cartes sur table, livrer ses propositions d’ensemble, son intention, pour négocier un maximum de points jusqu’en février-mars, avant que le débat ne soit pollué par la succession de PDC.

Ou

 

-          Négocier par petits paquets, faire durer le plaisir et miser sur un passage en force, sur les points durs à l’approche du 4 juin.

Visiblement la présidence et la DRH de FTV ont choisi de négocier par appartement mais aussi, dans leurs appartements avec certains de leurs partenaires.

 

Début novembre, en séance de lancement de la négociation, Patrick De Carolis, nous mettait un marché en main : « Ou bien, nous inventons la constitution sociale (rien que ça !) de la télévision publique moderne dans le temps imparti. Ou bien, le 4 juin c’est le droit du travail qui s’applique.» 3 mois plus tard nous constatons qu’il ne s’est pas doté de la sincérité nécessaire à l’accomplissement de cette ambition.

 

Mais, dans ce « deal »,  Patrick De Carolis a aussi occulté un aspect du problème. En 2010, année de nomination du nouveau président de FTV, la date de péremption de l’équipe dirigeante, échoie bien avant celle des conventions collectives ! C’est peut-être regrettable, inconvenant de le rappeler mais c’est une constante à FTV.

 

Quand à la peur du grand vide et de l’absence de conventions collectives. Il ne faut pas nous prendre pour des enfants. Comment imaginer qu’une équipe dirigeante pourra piloter un navire de 11 000 salariés, historiquement encadrés par des conventions collectives spécifiques, des métiers et des tableaux de services complexes  avec le simple droit du travail ?

 

Pour n’avoir pas joué le jeu de la transparence et de l’efficacité, la direction de FTV s’expose à partir du printemps à une suspicion légitime de notre part, si les négociations n’ont pas significativement avancé : « Nous négocions avec des patrons dont nous ne savons pas combien il en restera en place en septembre, ni avec quel mandat. Quelle valeur devons-nous accorder au marché que nous sommes en train de passer ? »

 

Tout n’est pas encore joué, mais comme l’a clairement exprimé notre préavis de grève du 28 janvier, nous avons en vue la dernière station avant l’autoroute.

Publié dans Repères

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