EN DIRECT DE LA SALLE DE BAL, AVANT LE COUP DE CIMBALLES !

Publié le par CFDT-FTV

C’était quelques heures avant cette décision de justice qui change tout et qui nous donne le temps nécessaire pour négocier enfin une vraie convention collective. Avant cela, on nous a joué quelques scènes surréalistes, que l’on avait pas encore vu, de mémoire de vieux syndicaliste, à France Télévisions. Nous vous en proposons une retransmission en léger différé.

Nous avons assisté mercredi 2 juin 2010, à un formidable ballet aux 2 extrémités de la table des négociations, entre la CGT et la Direction.  Cependant, si cette dernière s’est lancée dans un slow langoureux avec emballage final prévu le 7 au soir, la CGT semblait plutôt adepte de la valse-hésitation.

Hier, en début d’après-midi, lors de l’assemblée générale au siège de FTV, une responsable syndicale de la CGT et membre de la délégation de négociation, annonçait une signature plus que probable de l’accord de substitution que propose la direction, lançant à la cantonade, dans un touchant accès de franchise : « mais faut pas rêver, vous ne les garderez pas vos conventions ! ». Devant les salariés réunis, elle a remporté un franc succès, comme vous pouvez l’imaginer ! Notons que, depuis plus de 6 mois maintenant, la CFDT, le SNJ, la CGC et la CFTC (normalement la CGT aussi), nous nous battons pour, au moins conserver nos acquis face aux attaques du projet de la direction.

A 15h30, autour de la table des négociations, après l’introduction du DG de FTV Damien Cuier, vantant la fusion en entreprise unique et le bilan des négociations, la CGT prenait la parole.  Dans un parallèle saisissant avec le discours patronal (il faut le voir et l’entendre pour le croire), ce responsable historique du syndicat, dépeint alors, « le contexte qui nous a imposé la fusion », souligne le partenariat mené avec P. De Carolis pour créer l’entreprise unique, « un dossier que nous avons accompagné dès le départ – sic ». Plus loin, il pointe les avancées « importantes » obtenues dans le cadre de la négociation ou du préavis de mars (sur  « le droit syndical » notamment, ça nous change la vie !). Conclusion logique à ces élans enflammés, la CGT se déclare officiellement prête « à prendre ses responsabilités – re-sic », « quel que soit le prix à payer lors des prochaines échéances électorales ». Précisant cependant que « la décision de signer ou  non le texte n’est pas encore prise ». Mais là, tout le monde se demande ce qui retient encore leur stylo.

S’en suit un tour de table des syndicats qui, en majorité, demandent encore du temps pour négocier un accord complet et non partiel ; et souhaitent tous obtenir un délai de prorogation de nos textes, comme c’est le cas à Radio France. Par ailleurs la CFDT « artille » sur les dangers des articles généralisant le forfait jours, l’annualisation, la modulation du temps de travail. Des dispositions qui, pour la CFDT, « rendent le texte insignable ».

L’expression produit  alors chez le porte-parole cégétiste un réflex paradoxal, une sorte de « sursaut de Montreuil ». Dans un renversement digne des meilleurs danseurs de tango, il  rappelle que « la CGT ne signe jamais d’accord incluant la modulation, l’annualisation ou le forfait jours », précisant même, qu’il s’agit là d’une « question de principes ». La direction est sonnée, nous sommes interloqués… et la CGT aussi, devant ce qu’elle vient de dire. Qu’importe, notre déléguée de tout à l’heure, propose de contourner l’obstacle, en sortant les articles gênants de l’accord, pour les négocier plus tard. De quoi donner un lumbago aux meilleurs contorsionnistes du cirque de Pékin !

Voilà, à la veille de notre victoire historique en justice, où nous en étions et dans quelle ambiance de bas empire romain se jouait l’avenir des 11000 salariés de France Télévisions. Et de tout cela, on est pas forcément obligé d’avoir la mémoire courte…

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