NEGOCIATIONS CONVENTIONS COLLECTIVES : ET TOUJOURS PAS DE PROJET D’ENTREPRISE !

Publié le par CFDT-FTV

Depuis le mois de novembre, les partenaires sociaux sont censés négocier la nouvelle « Constitution sociale » de l’audiovisuel public.

On vous l’a déjà dit, les premières propositions de la Direction nous sont parvenues avec 7 mois de retard, tandis que le Président De Carolis, nous pressait de signer quelque chose avant le 7 juin prochain, délai légal imparti. Une façon, comme on dit, de nous mettre « dans la seringue ». De fait, pour nous amener à négocier, Patrick De Carolis a bien agité le bâton mais nous n’avons pas encore vu la carotte !

Régression sur tous les fronts

Des textes présentés sont tous en régression par rapport à nos acquis.

- Temps de travail : le forfait jour, qui offre un chéquier à l’employeur, sur lequel il peut tirer comme cela lui chante.

- Salaires : la fin des automatismes qui ne nous offre plus aucune garantie de progression comme le réclame l’UMP.

- Carrières : un avancement uniquement basé sur les entretiens individuels avec son N+1 (le chef de service).

- Transparence : la fin du paritarisme remplacé par des commissions de suivi, qui laissent le salarié seul face à la machine de la Direction.

Une Direction en panne

Au vu de cela, et alors que le printemps approche, il nous apparaît que Patrick De Carolis et son staff ont commis deux erreurs stratégiques majeures :

- La date du 7 juin n’est pas un épouvantail pour nous. Dans le pire des cas, chaque salarié ne se verra pas appliquer à cette date de droit du travail pur et dur, mais pourra faire valoir le principe de ses « droits individuels acquis ». Une garantie minimale, mais meilleure pour l’instant que ce qui nous est proposé ».

- Aucune des propositions de la Direction ne peut donner envie, ni collectivement, ni individuellement, d’y adhérer.

Voilà donc la Direction avec une seringue vide, qu’elle ne peut pas actionner. Un seul constat s’impose : c’est l’impasse.

Pas encore de Convention et toujours pas de projet

Mais au-delà, une question de fond plus importante encore se pose : à quel projet d’entreprise cette nouvelle « Constitution sociale » serait-elle subordonnée ?

Dans la bouche de Patrick De Carolis, comme de certains syndicats, l’avenir de FTV se résume à un anglicisme abscons, agité comme un remède miracle dans le Far West : le Global Média !

Quand on a dit ça on a encore rien dit ! Le Global Média pour raconter quoi ? Pour faire quoi ?

Pour produire ses contenus ou les acheter à l’extérieur ? Pour annoncer, développer des infos exclusives, ou rediffuser des « resucées reboutiquées » ?

Pour mettre à l’antenne et en ligne des programmes originaux, régionaux, nationaux « Made in France Télévisions » ou des concepts produits par des producteurs privés ?

Selon l’option choisie, chacun comprendra que nous n’aurons pas besoin de la même Convention Collective. Ce débat sur le fond semble réglé pour certains, pourtant, il n’a jamais eu lieu !

Il paraissait pour beaucoup un peu loin du terrain. Mais à l’heure où de nombreux salariés de FTV essaient de comprendre leur nouvelle affectation, la question « France Télévisions quel projet ?» devient soudain concrète, utile, urgente, indispensable.

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