PRIERE DE REMPLIR LES ESPACES LAISSES VIDES

Publié le par CFDT-FTV

La direction de France Télévisions nous a fait parvenir ses premières propositions et aussi ses premières non-propositions, puisque des pans entiers de nos conventions collectives ont été « perdus ». Pas pour tout le monde je vous rassure…


Comme nous l’avons instamment demandé, comme Patrick De Carolis s’y est engagé, nous avons reçus les premières propositions de textes de la direction et nous pouvons engager les négociations la semaine prochaine sur nos nouvelles conventions collectives. 


Comme on s’en doutait, nous serons très, très loin d’être d’accord  avec ce qui nous est proposé. Et comme nous l‘avons annoncé, il serait fort étonnant que l’affaire soit bouclée dans le délai imparti par l’état pour négocier, c'est-à-dire d’ici fin juin 2010. Les 3 premiers ballons-sondes que nos «partenaires sociaux »  nous envoient concernent une proposition de rédaction de leur part sur : les dispositions générales, les droits et obligations des salariés et enfin le droit syndical dans l’entreprise.


Nous n’allons pas ici dévoiler des textes dont la durée de validité sera très limitée et dont le contenu précis doit d’abord être débattu entre négociateurs. Cependant quelques aspects méritent  un coup de projecteur car ils sont révélateurs de l’état d’esprit dans lequel « l’autre côté de la table » aborde l’affaire. Nous ne sommes pas surpris, P. De Carolis nous a de toute façon affirmé qu’il tenterait de tirer un maximum d’avantages de son point de vue, de ce « Varet Round » (du nom de la rue où se tiennent les réunions- NDLR). Cela a au moins le mérite d’être clair.


Dans le premier chapitre « dispositions générales », la direction nie le principe des droits acquis par les salariés. Cela peut-être compris comme une manière de remettre les compteurs à zéro mais sans garantir que des salariés n’y perdraient pas des avantages. On veut bien comprendre que, pour les DRH, quand il y a plus d’une centaines d’accords d’entreprise à transposer cette solution est plus simple. De notre côté nous garantissons un sacré bazar si en faisant nos comptes nous nous apercevons que cette nouvelle convention se traduit par une perte sèche pour toute ou partie du personnel… Plus globalement cela traduit la volonté de notre direction « d’individualiser » les relations sociales. Plus de règles communes, mais à la place de la négociation entre le salarié et son chef de service dans son bureau


Dans le second chapitre, « droits et obligations du salarié », on note par exemple un allongement général des périodes d’essais allant jusqu’à 4 mois pour les journalistes et les cadres. Pourquoi ??? Plus grave la notion de protection des salariés devient pour la direction un concept de plus en plus flou. Dans l’actuelle convention collective, La protection du salarié est une disposition qui oblige la direction à prendre les mesures nécessaire pour le protéger, s’il est menacé physiquement ou moralement, par une personne extérieure ou appartenant à l’entreprise, un collègue ou un supérieur hiérarchique. Elle doit aussi assurer au salarié les moyens de se défendre si nécessaire. Or On comprend que par les « temps d’Orange » que nous traversons, ceci n’est pas un détail. La direction cherche à évacuer ou du moins atténuer toute notion de responsabilité dans les cas de harcèlement.


Enfin, au chapitre « droit syndical », on nous propose tout simplement une révolution. Une nuit de la Saint-Barthélemy où le paritarisme serait passé par le fil de l’épée et jeté dans la Seine du haut du siège de France Télévisions. En face du paragraphe de l’ancienne convention collective concernant les compositions et le fonctionnement des commissions paritaires, dans le nouveau texte qu’on nous propose, il n’y a rien ! Aux représentants du personnel aussi on réserve un sort de Huguenot : réduction d’au moins 30% du nombre d’élus de délégués du personnel et de représentants aux comités d’établissement ! Autant vous dire que ça va swinguer !

Mais au-delà de ce qui sera communiqué sur le sujet (« une agression » pour les syndicats, « une base de discussion » pour la direction), il y a un point fondamental qui disparaitrait si les choses dérivaient vers ce rivage : le droit des salariés et des syndicats d’être informés des situations de carrières, des critères qui amènent la direction à accorder telle promotion, à procéder à telle mutation ou telle embauche. Rappelons que le paritarisme actuel ne permet pas légalement aux syndicats d’empêcher la direction d’appliquer les mesures qu’elle souhaite (elle conserve la majorité des voix lorsqu’un vote intervient en commission paritaire) mais elle nous permet d’avoir accès aux informations indispensables à la défense des intérêts de chacun. Au maintien de la cohésion de l’entreprise. On peut donc garantir que sur ce point là, les couteaux seront de sortie.


Voilà en tout cas qui confirme, pour nous représentants syndicaux, l’enjeu de cette négociation : garantir les droits des salariés face aux nouveaux enjeux de FTV mais surtout, disposer des garde-fous suffisamment efficaces, pour éviter que cette société nationale ne dérive vers un fonctionnement déshumanisé, un management purement comptable, dépourvue d’organes intermédiaires, de soupapes de sécurité.


Sans sombrer dans la paranoïa, nous n’avons pas évoqué le cas d’Orange plus haut tout à fait au hasard... Rendez-vous, jeudi 27 novembre.

Publié dans Actu

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