UNE TRANSITION PENIBLE

Publié le par CFDT-FTV

Ainsi, Nicolas SARKOZY vient de nommer Rémy PFLIMLIN à la présidence de France Télévisions. Pour la première fois, un responsable de l’audiovisuel public est intronisé sans qu’on connaisse au préalable, son projet pour l’entreprise qu’il est amené à diriger. Certes, Rémy PFLIMLIN a exercé les responsabilités de Directeur Général à France 3 et connaît le monde de l’audiovisuel. Pour autant, la situation dont il hérite ne sera pas simple à affronter :

 

Financement aléatoire de France Télévisions : la diminution de la ressource publicitaire n’a toujours pas été compensée de manière pérenne, à la hauteur des ambitions que doit mettre en œuvre un vrai service public de la télévision. Le désengagement de l’Etat continuera de se traduire par la nécessité de réaliser des économies sur tous les plans, et en tout premier lieu, sur la masse salariale, ce qui risque toujours d’affecter l’emploi, les conditions de travail et les garanties collectives des personnels.

 

Réorganisation de France Télévisions : la réforme pilotée par Patrick DE CAROLIS, loin de produire les effets escomptés quant aux synergies et au développement de l’entreprise, a créé une pagaille sans précédent, accentué le stress, la souffrance au travail, sans parler de l’offensive persistante et répétée contre tous les acquis sociaux construits depuis des dizaines d’années dans l’audiovisuel public.

 

Rémy PFLIMLIN ne prendra ses fonctions qu’à la fin du mois d’août 2010. A ce jour, on ne sait toujours pas de qui il souhaitera s’entourer, tant en matière de programmes et d’information, que de gestion financière et ressources humaines. Nous sommes donc tous dans une situation totalement surréaliste avec une équipe en fin de parcours.

 

Au Comité Central d’Entreprise, comme dans les négociations qui se poursuivent (Convention Collective, Négociation Annuelle Obligatoire sur les salaires et l’emploi, Instances Représentatives des Personnels), nous nous trouvons en face d’interlocuteurs dont on peut se demander quelle est la teneur du mandat.

 

On peut ainsi mesurer les effets pernicieux du système directement imposé par l’Elysée, déstabilisant un peu plus une entreprise de service public qui n’avait pas besoin de ça.

 

La CFDT attendra donc Rémy PFLIMLIN sur le terrain des projets et des actes. Sachant répartir les responsabilités entre l’actionnaire et le mandataire social, elle ne fera pas de concessions sur ce qui concerne la pérennité des missions de service public, et toutes les garanties en matière d’emplois, de conditions de travail, de salaires et d’évolution professionnelle, auxquelles un syndicat digne de ce nom doit consacrer son action avec ténacité, pragmatisme, et sans confusion des genres.

Commenter cet article