Négo du 19 février 2010 : P. De Carolis évoque pour la première fois son départ de FTV

Publié le par CFDT-FTV

Autant vous le dire tout de suite, nous ne nous attendions pas à ce que la direction jette ses propositions inacceptables à la poubelle. Aucun bruit de couloir, aucun contact off ne  nous l’avait laissé entendre. Mais là, nous avons été servit. Pour PDC tout est dans la négociation mais dans ses propositions, rien n’est à jeter. En somme on négocie sur mes bases. En somme « allez vous faire voir ». En parallèle il parle pour la première fois des équipes « quelles qu’elles soient » qui présideront à l’avenir de FTV. De là à penser que PDC souhaite laisser le bébé à ses successeurs… La question maintenant est : que va-t-on faire de cette négociation ?

Comme d’habitude, les « meilleurs moments » de cette rencontre. Vous noterez la grande  affection qui unit notre secrétaire général (guide suprême) Patrice Christophe à PDC.


Déclaration du SNJ à propos des 2 journalistes de FTV otages en Afghanistan. Le SNJ doute que tout soit mis en œuvre pour les libérer et va développer des actions pour qu’ils ne soient pas oubliés.

 

CGT : L'harmonisation conventionnelle devra se faire sur la base du mieux disant des textes existant. Votre  projet est un projet réactionnaire digne des pires postures du Médef.

 

15h20 Patrick De Carolis :

« Merci de m’avoir invité. Il n’y a pas une journée sans que je ne pense ou agisse pour nos 2 confrères enlevés. Nous agissons dans la discrétion, c’est une attitude que j’ai adoptée voilà plusieurs années parce que je pense que c’est la bonne. Le temps afghan n’est pas le temps français ni le temps des médias. Nous ne cachons rien aux familles de nos confrères. Dire que l’on sait où ils sont, comment ils vont peut mettre en danger la vie de personnes qui sont chargées de les libérer. Je veux que nous maîtrisions notre information. Cette affaire fera peut-être école pour la suite. »

 

15h30- Patrick De Carolis : « Sur ce qui nous réunit aujourd’hui, un mot sur la stratégie que nous menons depuis 5 ans et que nous devrons mener, quelles que soient les équipes qui en auront la charge, pour relever les défis qui nous attendent d’ici 1 an ou 2.

Le défi c’est que FTV gagne des batailles comme nous avons gagné le défi de la TNT par la stratégie de bouquet. Nous avons conservé R. Garros parce que nous avons une stratégie de bouquet, TF1 va pouvoir le faire.

Dans 2 ans nous aurons un autre défi, nous devrons nous battre contre, non pas 18 chaines, mais contre l’univers. En 2012 tous les téléviseurs seront des téléviseurs hybrides. Si nous ne sommes pas dans l’univers du global média (comme le dit la CGT-NDLR) nous aurons perdu la partie.

C’est à FTV de s’adapter au secteur concurrentiel dans lequel nous sommes.

1 mot sur l’équipe de négociation, je l’ai composée, je lui ai donné une feuille de route, et les textes, je l’es  ai validés à la virgule près. Ce texte est à négocier.

Le texte que nous vous proposons c’est le texte idéal pour nous. Nous avons joué franc jeu avec vous.

Sur les délais, nous estimons appliquer la loi, la justice parlera pour savoir qui a raison mais en attendant il ne faut pas perdre de temps pour trouver des points d’accord.

Je ne peux pas accepter le terme « c’est une déclaration de guerre que nous fait De Carolis » moi la guerre je ne la fais pas contre vous mais je la fais contre l’extérieur.

Nous voulons vous convaincre, nous sommes aussi prêts à nous laisser convaincre mais ne doutez pas de nos convictions.

Je voudrais lever une ambigüité sur notre vision : FTV est bien une entreprise de presse et de programmes et reconnait les droits des journalistes. Il n’est pas question de nier le statut spécifique des journalistes mais il ne peut y avoir 2 vitesses (journalistes et personnels techniques et administratifs-PTA) voilà pourquoi la négociation doit être unique. On peut respecter ces spécificités tout en les pointant.

Je veux répondre aux 4 points avancés par l’intersyndicale. Le dispositif est le bon ; il est transparent, il ne laisse pas place à l’arbitraire. Il n’y a pas de bouleversement dans la définition des métiers. Nos critères prennent en compte les éléments actuels. Nous ne sommes pas opposés à isoler les critères journalistes, de façon à ce qu’ils puissent mieux repérer leur métier.

Une Convention évolutive grâce à l’observatoire des métiers mais ouverte sur les évolutions de la société.

Pour les salaires, NAO et nous introduirons des règles très précises de gestion. Notre proposition permet des évolutions plus fréquentes et plus transparentes qu’aujourd’hui. Il est plus juste et plus équitable de tenir compte de l’évolution des collaborateurs en fonction de leur mérite et de leur compétence. 

 

Sur le temps de travail et le forfait jours. Après retrait du premier texte, une nouvelle version. Actuellement les organisations du travail en vigueur au sein de FTV sont extrêmement hétérogènes. Nous souhaitons harmoniser. Nous sommes prêts à négocier les garde-fous qu’il faut instaurer. Je m’inscris en faux contre la volonté de nier le statut de journaliste. »

 

 

CFDT : «  je veux que vous nous disiez en quoi ce que vous proposez est un accord gagnant-gagnant, comme vous nous l’avez dit, surtout dans une période de budgets en baisse. Votre système ne correspond pas à notre culture ni à notre fonctionnement. Pour négocier il faut un minimum d’accroche et de superposition entre vos positions et les notre, nous n’en voyons aucune. En matière de paritarisme vous avez actuellement tout pouvoir de décision, on ne le conteste pas mais nous voulons être informés avant que les décisions soient prises. Dans votre nouveau système il s’agit de commissions de suivi, informées après vos décisions.

A propos des récentes consultations de postes, vous n’avez pas le droit d’y procéder hors information de CE et des instances. Soit vous retirez ces consultations, soit nous allons en référé.

Quand au délai de négociation si nous n’aboutissons pas d’ici au 7 juin. Le droit du travail s’appliquera comme vous nous en  avez menacé, on verra bien qui prendra la responsabilité de l’échec…


PDC : … VOUS ! Vous en prendrez la responsabilité ! Mettez-vous au travail


CFDT P. Christophe : Non vous, vous avez mis 7 mois avant de nous transmettre les textes. 7 mois,!En 82 lors de la négo précédente on a mis 2 ans à négocier et on a travaillé. Je ne sais pas où vous étiez à l’époque, sans doute jeune journaliste dans une rédaction locale. Moi j’y étais. Gardez vos leçons.

 

SNJ-CGT : Je ne pensais pas vivre un jour ce que je vis, à savoir le mieux disant social dans le privé et plus dans le public. La convention de TF1 est plus favorable que le texte que vous nous proposez. Si vous continuez à nous défier, comme vous venez de le faire à l’égard de nos camarades de la CFDT, on parlera ce soir de défiance des organisations syndicales.

 

SNJ : M. le président vous venez aujourd’hui de divorcer du service public. Nous sommes déçus de votre attitude et de cet entretien.

 

…/…

 

PDC : La philosophie d’une négo c’est de faire un pas l’un vers l’autre. Ne doutez pas de la sincérité de notre démarche. Nous avons besoin de souplesse et de préserver l’esprit du service public. Ne  me demandez pas de toiletter moi-même mes propositions.

 Faites-moi des propositions, des amendements, essayons  quel que soit le délai.

Je vous propose que jeudi mon équipe de négociation se présente devant vous avec un certain nombre de propositions concernant les 4 points et j’en espère de même de votre côté.

 

CFDT : M. le président, il est l’heure je  crois de se parler franchement et de faire tomber les masques. Ces histoires de calendrier méritent d’être étudiées de plus près. Si vous aviez voulu donner une chance à votre texte de passer, un carottage dans le permafrost syndical vous aurait confirmé immédiatement que ce que vous appelez vote utopie sociale n’avait aucune chance trouver un partenaire fiable pour le négocier. Vous ne l’avez pas fait. De plus vous avez attendu 7 mois pour nous donner le corpus de vos propositions, pourquoi ? Cela parait évident. Il fallait que ces propositions arrivent après le 4 janvier et l’avènement de l’entreprise unique, sinon vous vous seriez retrouvé à l’automne avec un conflit social majeur sur les bras. Aujourd’hui, ce n’est plus tabou, c’est vous même qui l’évoquez, vous parlez des équipes qui auront la charge de l’avenir de FTV (il acquiesce). Et bien sachez que quand ces équipes arriveront, nous seront encore là nous, vous sans doute plus, et nous assumerons le fait de ne pas avoir accepté votre « constitution sociale ».     

 

CGT : Tous les signes que vous avez donnés aujourd’hui sont intégralement négatifs.

 

CFDT- Patrice Christophe : Depuis le temps que je suis dans le métier des négociateurs j’en ai vu un paquet et vous n’êtes pas dans le peloton de tête. Jeudi on jugera sur pièce. Sur les critères classant et les automatismes si vous ne bougez pas, je ne sais pas sur quoi on va négocier…. On verra jeudi. »

 

RDV jeudi prochain pour une nouvelle négociation mais pour négocier quoi ?

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