Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 11:56

P. Papet : « Manque plusieurs chapitres dans ce texte : la déontologie, la classification des métiers. Ces 2 chapitres seront discutés et non pas négociés dans un groupe de travail pour nourrir la négociation, gagner du temps et de l’efficacité.

La négo sera discutée dans l’ordre des chapitres.

Sur les PTA de groupes de travail vont également se mettre en place rapidement pour éviter un décalage dans le temps des différentes catégories de personnel ».

Déclaration du SNJ à laquelle s’associe la CFDT-Médias :

 

NEGOCIATION ACCORDS COLLECTIFS

PFLIMLIN VEUT DEPECER LE STATUT

DES JOURNALISTES

 

« Le projet d’« accord collectif pour le personnel journaliste de France Télévisions » envoyé aux organisations syndicales est d’une rare brutalité. Et ce dès le premier article qui prévoit, ni plus ni moins, qu’« aucun journaliste ne pourra en aucun cas se prévaloir du maintien d’avantages

individuels acquis en vertu de l’avenant audiovisuel » à la CCNTJ, ni des « usages, engagements unilatéraux et accords atypiques ».

Certes, c’est un projet d’accord spécifique pour les journalistes mais le projet de la

Direction ne vise pas à remplacer notre avenant. Il vise seulement à le détruire, en le

dépeçant. Ses dispositions vont installer la peur et la violence sociale au coeur des

rédactions.

Il est quasiment mot pour mot, celui que Patrick de Carolis avait déjà essayé de nous

imposer l'année dernière.

Disparition de toutes les commissions paritaires, remplacées par des instances sobrement intitulées « de régulation » sans autre pouvoir que d’enregistrer les décisions arbitraires des chefs, grands et petits, des « commissions de suivi » réduites aux salaires – fini l’emploi et les mutations ou, pour la discipline, « d’appel » (qui ne peut fonctionner que pour les sanctions les plus dures,

l’avertissement et le blâme avec inscription au dossier relevant désormais, de manière

discrétionnaire, de la seule hiérarchie). Quant au salarié qui s’estimerait maltraité, il lui est enjoint de se taire pendant… 5 ans, période à l’issue de laquelle il pourra se voir proposer… un bilan de compétences !

Disparition aussi de l’ancienneté professionnelle lorsqu’elle est plus favorable que

l’ancienneté entreprise. Diminution également du plafond qui s’arrête à 20 ans, contre 25 ans dans l’avenant audiovisuel.

Disparition encore des augmentations minimum de 5% pour les promotions pécuniaires et de 7,5 % pour les fonctionnelles. Un maximum de 4% les remplace. Quelle générosité !

Disparition de la grille minimale unique des salaires adossée à l’ancienneté. Remplacée, fonction par fonction, par deux catégories de journalistes, outre le grouillot de base, le « confirmé » (par qui ? Y-aurait-il un évêque qui s’ignore à la Direction ?) et l’« expert », véhicule utilitaire bien connu et dont on ignore comment il le devient.

Quant aux fonctions, une seule constante : le journaliste, du rédacteur-reporteur au grand

reporteur en passant par le JRI, est « multi-supports et multi-formats », en attendant sans doute, comme le couteau suisse d’être multi-fonctions puisque la Direction affirme que ces fonctions et leurs définitions peuvent « évoluer » du jour au lendemain.

Disparition de la partie déontologie et principes professionnels. La direction, qui avait promis de ne pas toucher à l'existant, renvoie maintenant la discussion sur ces dispositions essentielles pour les journalistes à des « groupes de travail », dont certains relèvent de comités « Théodule », inspirés par une hiérarchie qui les surveille et les contrôle étroitement.

N’existe même plus dans ce projet de texte la charte SNJ de 1918 / 38 qui est notre référence depuis toujours en matière de déontologie. Elle figurait dans le projet Carolis.

Enfin, inutile de penser pouvoir vous réfugier derrière votre contrat de travail pour échapper à la violence de ce projet. Il suffit de lire ce que prévoit la Direction :

« Constitue un licenciement pour motif économique le licenciement effectué par l’employeur pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du journaliste résultant d’une suppression ou transformation d’emploi ou d’une modification d’un élément essentiel du contrat de travail refusée par le journaliste, consécutives notamment à des difficultés économiques ou à des mutations

technologiques » (Art.10/3.1).

Les plus anciens ont connu en 1974, « la commission de la hache », verrons-nous bientôt surgir la commission « charrette » ?

Une chose est sûre : ce texte n’est pas un texte de négociation, c’est une provocation

irresponsable et revancharde de la part de ceux qui n’ont jamais digéré les garanties pour la déontologie et les acquis sociaux qui permettent un bon exercice de la profession,

arrachés par les syndicats après l’alternance de 1981.

Le SNJ entend bien parer ce coup porté à nos valeurs car il se veut mortel, bien au-delà de notre seule profession.

Notre mission d'informer, au coeur du Service Public, nous interdit de renoncer aux

conditions qui nous permettent de mettre à l'antenne une information de qualité : c'est-à dire: honnête, complète, pluraliste et indépendante

Une mobilisation de tous s’impose pour stopper ce qui pourrait être une sinistre farce s’il ne s’agissait d’une authentique déclaration de guerre sociale. »

 

CFDT : Pour compléter ce qui vient d’être dit et regarder de plus près certains « détails » de ce que vous nous proposez, vous tentez d’arrondir quelques angles de la version De Carolis; mais la pièce reste meublée à l’identique : carrière dans les seules mains du N+1, moins d’automatismes et pas de contraintes de corriger les écarts de carrières pour l’employeur, des promotions fonctionnelles et salariales  découpées au hachoir. Vous préconisez l’avènement du journaliste pluri-qualifié qui enchainerait les tâches techniques, deviendrait donc un journaliste PTA et exercerait donc un métier technique. Il y a des salariés avec une convention et des garanties pour cela. Enfin tout cela est articulé part une gestion RH que l’on peut utiliser de manière assez perverse. Entretien individuel annuel aux notions indéfinies, observatoire des métiers qui pourrait proposer de nouveaux métiers mais aussi d’en supprimer, journalistes pluri-qualifés et enfin insertion dans la convention du licenciement économique. En 65 Mitterrand publiait le coup d’état permanent, on a le sentiment que vous le paraphrasez en inventant le plan social permanent. Ces mesures dans ce contexte actuel nous paraissent dangereuses.

 

Patrice Papet :

Nous sommes au début d’une négociation et je n’ai pas peur de dire que tout peut se discuter. Un texte est là pour évoluer, je n’ai pas de blocage. Si on veut avancer on doit le faire pas à pas, traiter les sujets les uns après les autres.

Sur les principes professionnels j’ai proposé un groupe de travail qui se réunirait durant les négo et qui pourrait les nourrir.

Sur les fonctions, je crois que si on ne fait pas évoluer les contenus des fonctions on sera rattrapé par la réalité. Il faut qu’on en parle. L’articulation avec le multimédia, tout journaliste est un journaliste multimédia. Il y aura sûrement des emplois dédiés au numérique mais à la marge car tous les journalistes doivent intégrer des fonctions numériques. Je vais demander à T. Thuillier et Bruno Patino de venir en débattre avec vous dans les jours qui viennent.

Sur les commissions paritaires ma position est claire, la direction décide des évolutions de carrières et les partenaires sociaux, informés, peuvent faire des propositions et faire appel. 

 

  CFDT : Sauf que nous jouons le rôle de la voiture balai, on donne notre avis quand tout est déjà décidé et que nous n’avons accès qu’à des informations parcellaires à savoir qui vient d’être promu et qui n’an pas été promu depuis 5 ans. Ente les deux rien, impossible pour nous de dégager des moyennes de carrière.

P. Papet : En ce qui concerne les pourcentages d’augmentations salariales, je pense objectivement qu’il n’y a pas assez de mesures chaque année. On peut opter pour plus de promo d’un montant un peu inférieur.

A propos du temps de travail on règlera ça pour les journalistes et les PTA d’ici la fin de l’année. »

 

SNJ : au niveau du calendrier il est clair qu’on ne pourra pas négocier tout cela avant fin juin. Nous proposons que l’on négocie chapitre par chapitre et que l’on signe un accord d’entreprise chaque fois qu’un châpitre est négocié et qu’il convient aux deux parties. Ca nous permet d’avancer.

P. Papet : je ne suis pas contre que l’on puisse définir des thèmes prioritaires et négocier plus tard les textes communs journalistes PTA, mais je n’ai pas dit que je repoussais l’échéance de juin. Nous feront régulièrement le point.

 

CFDT :Bon nous allons voir ce que tout cela va donner et mesurer ce que veut dire votre expression « tout est négociable ». Cependant, si nous prenons votre point de départ, cela veut dire qu’au mieux, après une excellente négociation de notre part où nous serions très, très bons, nous obtiendrions… ce que nous avons déjà. En fait, d’un point de vue purement politique, vous ne nous posez pas de problème car vous souhaitez couper ou rogner sur nos acquis ; mais nous ne voyons rien en contre partie pour l’instant. Où est votre proposition forte qui créerait le débat chez nous ? Pour l’instant nous ne la voyons pas. Nous avons lu un texte qui pour l’instant nous place dans une position uniquement défensive.

 

Les priorités de négociation définies :

Principes professionnels

Fonctions

Evolution et filières de l’info

Grilles salariales

Droits d’auteurs

Retraites

Congès sans solde et absences diverses notamment pour formation

 

Prochain rendez-vous jeudi 12 mai.

Par CFDT-FTV
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Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 10:08

A la suite des échanges intervenus lors de la réunion du 1er février 2011, Patrice PAPET a proposé que l’Avenant Audiovisuel Journalistes et tous les accords d’entreprise soient prorogés jusqu’en décembre 2011, mais, curieusement, il souhaite supprimer tous les accords d’entreprise concernant le fonctionnement des commissions paritaires.

Le motif : ces textes ne sont plus applicables du fait de la fusion. La CFDT a elle-même constaté des problèmes d’application et s’est déclarée prête, comme les autres syndicats d’ailleurs, à en discuter pour mettre en place un système paritaire efficace, transparent, permettant à chaque salarié d’être entendu et défendu.

Pour autant, il n’est pas question de supprimer tous les textes existants avant d’avoir trouvé des modalités alternatives. En effet, les textes conventionnels, eux-mêmes, ne font que préciser que ce sont les Délégués du Personnel qui constituent les commissions paritaires, ce qui fait disparaître la notion de commissions distinctes pour les PTA et les Journalistes et qui rend inapplicable ces dispositions à France 3 ou à RFO, ex sociétés où on voit mal se mettre en place une commission paritaire par établissement, si un protocole d’accord n’est pas conclu, en vu d’une commission paritaire nationale.

 

Après des débats acharnés, la Direction a proposé que les accords relatifs au paritarisme soient prorogés jusqu’à la fin mars 2011, ce qui, selon elle, serait suffisant pour trouver un accord. La CFDT a émis des réserves sur un délai aussi bref, de même que le SNJ, la CFTC et la CGC, tandis que la CGT et FO ont paru accepter cette proposition.

Soucieuse de l’intérêt général, la CFDT s’impliquera cependant dans ces discussions, ne souhaitant pas prendre les personnels en otage. Elle dénoncera toutefois toutes prétentions de la Direction à restreindre l’ensemble des garanties de transparence et d’équité.

 

Un nouveau texte d’accord de prorogation devrait être présenté aujourd’hui au Comité Central d’Entreprise, avant validation éventuelle par les organisations syndicales.

 

La CFDT reste favorable à un alignement de tous les textes à l’échéance d’octobre 2012, ce qui permettra de débattre sans pression et en toute sérénité de l’essentiel des questions qui n’ont pas à ce jour été réglées.

Par CFDT-FTV
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Mercredi 12 janvier 2011 3 12 /01 /Jan /2011 11:46

Comme suite à la victoire historique du Jugement de la Cour d’Appel, il avait été décidé de proroger l’Avenant Audiovisuel Journalistes et les divers accords d’entreprise des ex sociétés de France Télévisions jusqu’au 8 février 2011. A cette époque, la CFDT avait clairement affirmé que pour elle, l’échéance véritable se situait en octobre 2012, date limite de survie de la Convention Collective des PTA.

Avec le changement de Direction et les congés d’été, rien n’a été repris sur les dossiers de fond restant à négocier. De plus, Patrice PAPET, DRH de France Télévisions, a concédé qu’on ne pouvait à la fois mettre en place l’ensemble des IRP (CE, DP, CHSCT), à l’issue d’un processus électoral complexe, et négocier simultanément des dossiers nécessitant des mois (voire plus) de débats ardus, mobilisant l’ensemble des énergies des protagonistes.

Une réunion est donc intervenue le 11 janvier 2011 pour faire le point, comme cela avait été prévu, sur le dossier des Conventions Collectives. La DRH a proposé de proroger l’Avenant Audiovisuel Journalistes et les accords d’entreprise jusqu’au 30 juin 2011. Ce délai nous paraît encore très court.
La DRH, dans ce laps de temps, propose de traiter l’ensemble des parties communes aux PTA et aux Journalistes ainsi que les accords d’entreprise. Elle admet que le système salarial des PTA prendra plus de temps et sera donc négocié après l’échéance du 30 juin 2011.

La DRH propose également de négocier un nouvel accord sur les Commissions Paritaires. En effet, l’application des textes collectifs prévoyant que ce soient les délégués du personnel qui siègent, paraît aujourd’hui difficile, en raison de la disparition des collèges Journalistes, à moins de constituer une Commission Paritaire unique.
Cette hypothèse paraît difficile, tant du point de vue juridique que des spécificités. Certes, France 3 a mis en place un système électif pour les Commission Paritaires, mais sa durée est pour l’instant limitée à celle des accords d’entreprise et la désorganisation DE CAROLIS a complètement brouillé les pistes, ce qui ne facilite pas la tâche. Alors qu’il reste près de 2 ans d’application du paritarisme (si la Direction persiste dans sa volonté de supprimer cette garantie de transparence et d’équité indispensable aux salariés), il semble difficile d’éviter une négociation pour trouver un mode de fonctionnement cohérent.

Par CFDT-FTV
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Jeudi 7 octobre 2010 4 07 /10 /Oct /2010 11:23

Un article publié ce matin sur le site de l'hebdomadaire:

A France Télévisions comme à France Télécom ?

http://television.telerama.fr/television/a-france-televisions-comme-a-france-telecom,60945.php

Par CFDT-FTV
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Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 17:16
Nous avons combattu, dès le départ, le projet de réorganisation imposé, sans véritable info, sans débat avec les personnels et leurs représentants, par Patrick DE CAROLIS.

Comme on pouvait le prévoir, ce projet a totalement désorganisé l’entreprise, tout en créant un climat d’inquiétude et de stress pour tous les salariés de France Télévisions. Il en a plongé une partie dans de graves situations de souffrances au travail.

En voici les principales raisons :

- Mutations ou changements de service imposés,

- Perte ou changement d’activité (disparition du poste de l’organigramme),

- Rétrogradation professionnelle, y compris dans l’encadrement,

- Perte de contact avec la hiérarchie, chargée d’appliquer la réforme au forceps,

- Absence totale de perspectives de carrière et d’avenir,

- Absence de réponses aux interrogations des salariés,

- Organisation et planification aveugle, sans tenir compte des contraintes personnelles.

Depuis le début de la restructuration, plusieurs syndicats (CFDT, SNJ, CGC, SUD) ont alerté la Direction sur les risques psychosociaux liés à cette perte de repères et de valeurs provoquée par l’Entreprise unique.

Face à nos signaux d’alarme, la Direction n’a apporté aucune réponse concrète. En dépit des engagements fournis par Rémy Pflimlin, il semble bien que le processus ne soit pas inversé mais, au contraire, accéléré.

Aujourd’hui, la réorganisation compte déjà, à son bilan, 4 drames.

Certes, la Direction déclare assumer ses responsabilités mais, pour la CFDT, la seule issue crédible est de stopper cette réorganisation à marche forcée. Il s’agit de calmer l’inquiétude grandissante chez l’ensemble des personnels et prendre enfin le temps de réfléchir et négocier un bouleversement culturel dans un groupe de plus de 10.000 salariés.
Par CFDT-FTV
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