Lundi 30 novembre 2009
Il y a des périodes où des rumeurs suintes, plus ou moins vraies, puis des hypothèses annoncées au détour d'une réunion, enfin dans cette fumée jailit le feu. On apprend hier soir par un communiqué de la présidence de France Télévisions, l'annonce du nouveau redécoupage de France 3.

4 pôles,  Strasbourg, Marseille, Rennes, Bordeaux, plus la Corse vont devenir des pôles régionaux dotés d'une vingtaine de personnes pour les gérer. Les autres, qui étaient jusque là des directions régionales ou Bureaux régionaux d'information, vont devenir des antennes de proximité. Cette nouvelle va, à première vue, rassurer les "heureux élus" et inquiéter les "perdants" de cette série de "télérégionaleréalité". Pour notre part nous n'y voyons pas de gagnant parce que depuis longtemps déjà l'ambition régionale de France 3 a été rabotée. Nous y reviendrons...
Car actuellement se joue une pièce similaire à celle-ci dans le même théâtre: France Télévisions Publicité. Avec l'extinction programmée de la publicité sur FTV, plus besoin de FTP. Mais l'équipe à montré ces capacités (105 millions d'€ de pub en plus cette année par rapport aux prévisions). L'APE (l'agence des participations de l'état) est donc chargée de céder ce bijoux de famille.
Ce qui paru d'abord incroyable est ensuite rentré dans tous les esprits comme naturel. Aujourd'hui le journal du net annonce que 2 sociétés restent en course pour décrocher le ticket, Hi-média et Financière Lov - link- Tandis que Médiapart annonçait qu'Alain Minc, après avoir conseillé le Nicolas Sarkozy de supprimer la pub, tentait une opération de dernière minute pour remettre son autre ami et client, le producteur Stéfane Courbit -link - dans le jeu.

Au delà de ces marchandages, le plus grave est ce qui ne frappe plus personne et parait comme une chose acquise et naturelle: on vend au privé une partie de la télé publique! Ce sont des salariés de la "maison" et plus pesonne n'y trouve à redire.

Au même moment, on vient de tracer 4 parts au dessus du gateau France 3. Certains ont l'impression d'être déclassés, d'autres d'avoir sauvé leur peau.

Notre sentiment est que, tout l'audiovisuel public et ce qu'il représente, y perd car la vente à la découpe à déjà commencé.
Par CFDT-FTV - Publié dans : Actu
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Vendredi 27 novembre 2009

Comme l’armée française au début de l’année 40, nous avons un peu le sentiment de participer à une « drôle de négociation ». Il faut menacer de tout annuler pour que le président, fin octobre, vienne lui-même lancer les opérations. Hier, le DRH de France Télévisions (théoriquement le « Grand Architecte » de ce nouveau texte) est peut être resté 1h30 à la table, avant d’être absorbé par d’autres tâches. Ce matin, son adjoint avait disparu, nous laissant avec les responsables RH des différentes chaînes de FTV. Des techniciens compétents, consciencieux certes, mais qui ne sont pas à même de répondre à des interrogations que nous avons au niveau politique du texte. En effet, ce qui a été étudié jusque là est toujours suspendu à une lecture globale et politique des « propositions » qui nous sont faites. Quant aux questions sur chaque chapitre que nous sommes amenés à poser, comme par exemple,

Les négociateurs que nous avons en face de nous, ne sont pas habilités à aborder cela.

Tant que ces questions ne sont pas éclaircies, chaque virgule n’est écrite qu’avec de l’encre sympathique, la négociation est virtuelle. Si bien, qu’hier nos collègues de la CGC ont décidé de quitter la table des négociations. Ce n’est pas dans notre esprit mais ça nous pouvons le comprendre. Pour illustration, nous sont parvenues hier soir les propositions de la direction en matière de temps de travail. Les bouleversements sont très importants (forfait jours, annualisation, coupures, prise en compte des temps de voyage, etc…). Il est clair que sur ce point, avant de rentrer éventuellement, dans le détail du texte, la direction devra justifier le bien fondé de ces « propositions », sinon il n’y aura pas de négociation.

En somme, nous relevons une contradiction entre, d’un côté la volonté affichée, la nécessité pour Patrick de Carolis de conclure un accord avant la date butoir du 4 juin 2010, et d’autre part, les moyens mis en œuvre pour y parvenir.

Pour les salariés, il reste à espérer que, comme lors de la drôle de guerre, cette négociation sur la convention collective ne soit pas notre ligne Maginot. En clair, si nous n’avons pas abouti en juin et que quelques jours plus tard nous changeons de président de FTV (simple hypothèse), que vaudront les paragraphes et chapitres que nous aurons négocié jusque là?

Voilà pourquoi, nous ne pouvons pas rester à nous observer des deux côtés de la tranchée pendant que Bercy se prépare à nous contourner.

Par CFDT-FTV
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Jeudi 26 novembre 2009

Alors donc c’est parti cet après-midi, mais bon autant vous le dire, ça n’est pas parti très loin. Après des déclarations liminaires qui n’ont souvent aucun rapport avec la choucroute et qui mériteraient d’être traitées en dehors de cette négo (conflit à Wallis, un chef de service pour le global média à Nouméa…) nous avons tenté de commencer.

Le problème c’est que selon nous la direction, ne « directionne » pas les débats et ne propose pas de méthode cohérente. Nous avons tenté d’en avancer une : peigner d’abord les 3 ou 4 gros points d’achoppement relevés par la majorité des syndicats comme l’absence de définition des usages qui seraient conservés dans la nouvelle convention, la contradiction entre les nouveaux textes et les droits d’auteurs de journalistes, l’absence de notion de droits acquis collectifs, sans parler de la disparition de la notion de paritarisme. Au lieu de cela, la direction a préféré laisser certains rentrer dans les détails du texte, proposer des réécritures comme si nous étions d’accord avec la philosophie générale de ce qui nous est proposé.

D’autant que tout le monde a fait remarquer qu’il nous manque encore les 2/3 des textes pour avoir une vue d’ensemble sur ce que la direction veut nous proposer.

Bref personne ne peut affirmer que les quelques lignes qui ont été proposées par certains, ne seront pas balayées quand nous auront tous les textes et donc une vue panoramique sur l’esprit qui guide la main de la direction.


En attendant voici quelques extraits de la séance comme si vous y étiez :


Direction :  D’ici le mois de décembre vous aurez l’intégralité de nos propositions écrites. Nous sommes dans un esprit de négociation et vous aurez la possibilité de faire évoluer le texte comme Patrick de Carolis  vous l’a indiqué. Nous ne pourrons pas aligner vers le haut l’ensemble des textes et accords.


SNJ :  Dans les textes que vous nous proposez vous nous demandez de rogner sur beaucoup de choses, qu’est-ce que vous nous donner en échange ? Rien !

 


CFDT : Nous avons la même appréciation la question est au vu de ce que vous nous proposez : Qu’est-ce qu’il y a à négocier ? Vous venez avec uniquement des moins, je ne vois aucun plus.

CGT : P De Carolis annonçait la création d’une « constitution sociale », on en est loin.

CGC : Vous nous dites qu’une négociation est quelque chose d’équilibré or il nous manque des pans entiers de vos propositions, pour nous c’est donc difficile de négocier.

SNJ : comment envisagez-vous les contradictions entre votre texte et la convention de journalistes ?

Réponse direction : il peut y avoir des éléments spécifiques aux journalistes dans ce que nous proposons mais nous veillerons à ce que ce ne soit pas contradictoire avec la convention nationale des journalistes.

Direction : Début décembre vous aurez un texte complet et vous pourrez vous positionner. On y travaille en ce moment.

CFDT : Question pourquoi dans le nouveau préambule la notion de droits acquis collectifs disparait-elle ?

Direction : vous verrez que plusieurs fois dans nos propositions nous faisons référence à des acquis collectifs, peut-être serons nous amenés à la fin à rajouter dans le préambule certaines notions.

CFDT : On vous demande de nous donner la liste des usages, de définir exactement ce qu’est un accord atypique. On constate que certains usages perdurent depuis l’ORTF. Que deviennent-ils dans votre version de la nouvelle convention collective ?

Direction : on va vous faire parvenir cette liste et notre interprétation des usages dans les différentes entreprises.

Reprise de la séance ce vendredi 27 novembre à 9H30 .

 

 

 

 

 

Par CFDT-FTV - Publié dans : Actu
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Mardi 24 novembre 2009

La direction de France Télévisions nous a fait parvenir ses premières propositions et aussi ses premières non-propositions, puisque des pans entiers de nos conventions collectives ont été « perdus ». Pas pour tout le monde je vous rassure…


Comme nous l’avons instamment demandé, comme Patrick De Carolis s’y est engagé, nous avons reçus les premières propositions de textes de la direction et nous pouvons engager les négociations la semaine prochaine sur nos nouvelles conventions collectives. 


Comme on s’en doutait, nous serons très, très loin d’être d’accord  avec ce qui nous est proposé. Et comme nous l‘avons annoncé, il serait fort étonnant que l’affaire soit bouclée dans le délai imparti par l’état pour négocier, c'est-à-dire d’ici fin juin 2010. Les 3 premiers ballons-sondes que nos «partenaires sociaux »  nous envoient concernent une proposition de rédaction de leur part sur : les dispositions générales, les droits et obligations des salariés et enfin le droit syndical dans l’entreprise.


Nous n’allons pas ici dévoiler des textes dont la durée de validité sera très limitée et dont le contenu précis doit d’abord être débattu entre négociateurs. Cependant quelques aspects méritent  un coup de projecteur car ils sont révélateurs de l’état d’esprit dans lequel « l’autre côté de la table » aborde l’affaire. Nous ne sommes pas surpris, P. De Carolis nous a de toute façon affirmé qu’il tenterait de tirer un maximum d’avantages de son point de vue, de ce « Varet Round » (du nom de la rue où se tiennent les réunions- NDLR). Cela a au moins le mérite d’être clair.


Dans le premier chapitre « dispositions générales », la direction nie le principe des droits acquis par les salariés. Cela peut-être compris comme une manière de remettre les compteurs à zéro mais sans garantir que des salariés n’y perdraient pas des avantages. On veut bien comprendre que, pour les DRH, quand il y a plus d’une centaines d’accords d’entreprise à transposer cette solution est plus simple. De notre côté nous garantissons un sacré bazar si en faisant nos comptes nous nous apercevons que cette nouvelle convention se traduit par une perte sèche pour toute ou partie du personnel… Plus globalement cela traduit la volonté de notre direction « d’individualiser » les relations sociales. Plus de règles communes, mais à la place de la négociation entre le salarié et son chef de service dans son bureau


Dans le second chapitre, « droits et obligations du salarié », on note par exemple un allongement général des périodes d’essais allant jusqu’à 4 mois pour les journalistes et les cadres. Pourquoi ??? Plus grave la notion de protection des salariés devient pour la direction un concept de plus en plus flou. Dans l’actuelle convention collective, La protection du salarié est une disposition qui oblige la direction à prendre les mesures nécessaire pour le protéger, s’il est menacé physiquement ou moralement, par une personne extérieure ou appartenant à l’entreprise, un collègue ou un supérieur hiérarchique. Elle doit aussi assurer au salarié les moyens de se défendre si nécessaire. Or On comprend que par les « temps d’Orange » que nous traversons, ceci n’est pas un détail. La direction cherche à évacuer ou du moins atténuer toute notion de responsabilité dans les cas de harcèlement.


Enfin, au chapitre « droit syndical », on nous propose tout simplement une révolution. Une nuit de la Saint-Barthélemy où le paritarisme serait passé par le fil de l’épée et jeté dans la Seine du haut du siège de France Télévisions. En face du paragraphe de l’ancienne convention collective concernant les compositions et le fonctionnement des commissions paritaires, dans le nouveau texte qu’on nous propose, il n’y a rien ! Aux représentants du personnel aussi on réserve un sort de Huguenot : réduction d’au moins 30% du nombre d’élus de délégués du personnel et de représentants aux comités d’établissement ! Autant vous dire que ça va swinguer !

Mais au-delà de ce qui sera communiqué sur le sujet (« une agression » pour les syndicats, « une base de discussion » pour la direction), il y a un point fondamental qui disparaitrait si les choses dérivaient vers ce rivage : le droit des salariés et des syndicats d’être informés des situations de carrières, des critères qui amènent la direction à accorder telle promotion, à procéder à telle mutation ou telle embauche. Rappelons que le paritarisme actuel ne permet pas légalement aux syndicats d’empêcher la direction d’appliquer les mesures qu’elle souhaite (elle conserve la majorité des voix lorsqu’un vote intervient en commission paritaire) mais elle nous permet d’avoir accès aux informations indispensables à la défense des intérêts de chacun. Au maintien de la cohésion de l’entreprise. On peut donc garantir que sur ce point là, les couteaux seront de sortie.


Voilà en tout cas qui confirme, pour nous représentants syndicaux, l’enjeu de cette négociation : garantir les droits des salariés face aux nouveaux enjeux de FTV mais surtout, disposer des garde-fous suffisamment efficaces, pour éviter que cette société nationale ne dérive vers un fonctionnement déshumanisé, un management purement comptable, dépourvue d’organes intermédiaires, de soupapes de sécurité.


Sans sombrer dans la paranoïa, nous n’avons pas évoqué le cas d’Orange plus haut tout à fait au hasard... Rendez-vous, jeudi 27 novembre.

Par CFDT-FTV - Publié dans : Actu
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Vendredi 6 novembre 2009
Notez cette semaine...

A ceux qui pouvaient encore  penser que l'état compensera une éventuelle perte de la taxe professionnelle des collectivités locales, comme pour les rares qui restent persuadés qu'il compensera durablement la suppression de la publicité à France Télévisions, François Fillon apporte une réponse indirecte mais assez claire: Objectif 0% de déficit budgétaire en 2016 et notamment faire passer de 8,5% à 3% le déficit des comptes publics entre 2010 et 2014. Bien sûr cela parait irréaliste et basé sur une croissance de 2,5% au moins dès 2010.

Cependant, cette annonce d'une ampleur inconnue jusque là en France a une vertu, elle annonce clairement que tout le monde devra se serrer la ceinture, très fort, dans les années qui viennent et que les promesses actuelles et récentes, n'engagent que ceux qui les croient... Pour vous donner un ordre de grandeur, cela représente un montant d'économies à réaliser de 110 milliards d'€, soit environ 5 fois le volume du grand emprunt d'état qui va être lancé ces jours-ci.

Ailleurs, la crise continue de toucher le monde des médias en pleine mutation. Chez nous, le journal Baksish info est en dépôt de bilan et le site du même nom au bord du gouffre. Aux Etats-Unis ce sont plus de 36000 emplois qui ont été supprimés dans le secteur ces derniers mois. L'austérité touche aussi TF1, qui accélère la fusion de ses rédactions (et prépare la disparition de LCI?) en rebaptisant son site LCI.fr en TF1news. La Chaine Info s'attend à des pertes de 11M d'€ cette  année.
Par CFDT-FTV - Publié dans : Actu
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